Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Culte-O-Rama

Le Culte-O-Rama

Pour l'amour des films de genres. Des articles et commentaires sur des films gros budgets ou très obscurs qui sont tombés sous l'attention de Tuco.


The Curse of Frankenstein

Publié par Tuco sur 25 Décembre 2019, 04:10am

Catégories : #Frankenstein

En prison et attendant son exécution, le Professeur Frankenstein raconte à un prêtre ce qui l'a amené à sa situation. Après avoir hésité de la fortune familiale, le jeune et ambitieux Victor Frankenstein trouve un mentor et un gardien en Paul Kempe, un homme de science encourageant les avancés de son jeune apprenti sur ses expérences sur la vie et la mort. Après avoir réussi à ramener à la vie un chien décédé, Victor compte bien faire la même chose avec un corps humain et chercher des morceaux de cadavres pour recréer l'être parfait. Paul est cependant dégoûté par les expériences de Victor, dont l'ambition entre dans une folie devenant meurtrière.

Alors que la dernière apparition du monstre de Frankenstein était apparu dans des comédies d'Abbott et Costello et que tout indiquait que les États-Unis avaient épuiser le filon d'une franchise qui a pourtant fait naître les premiers battements de coeur sérieux du cinéma d'horreur, c'est en Angleterre que le monstre de Frankenstein renaîtra de ses cendres avec en Angleterre avec Hammer Studios, qui avec CURSE OF FRANKENSTEIN, entrait dans le genre d'horreur pour devenir la maison de production la plus influente pour le genre horrifique pour les années 60.

La Hammer avait une mentalité de vieille école concernant ses films horrifiques, l'acteur est l'élément d'horreur principal, une stratégie qu'utilisait déjà la Universal dans les années 30. Sauf que le cinéma changeait et les effets et les maquillages prenaient davantage des éléments recherchés dans le public. La Hammer elle, utilisait avec CURSE OF FRANKENSTEIN, un acteur de théâtre de grand talent pour transporter son film, Peter Cushing, qui s'avère et de loin, l'élément le plus horrifique du film, bien devant le maquillage de la bête, joué également de main de maître par le grand Christopher Lee. En plus de rajouter l'importance de l'acteur, CURSE OF FRANKENSTEIN était pour l'époque (1957), le film d'horreur le plus sanglant et violent pratiquement jamais sorti en salles. La Hammer était donc revenu aux sources, tout en innovant sérieusement dans le genre à la fois. Victor Frankenstein n'est plus le scientifique incompris aux bonnes intentions punies, mari aimant et cherchant à sauver l'humanité. Non loin de là, la Hammer présente un Victor Frankenstein Womanizer, arrogant, meurtrier, habité seulement par ses intentions et prêt à tout pour arriver à ses fins. Cushing est simplement magistral dans le rôle principal et j'aurais tendance à dire que le fait de ne voir le monstre que très tard dans le film ne m'a pas du tout dérangé, parce que Cushing est l'élément le plus intéressant du film et de loin.

Derrière le film se cache un des réalisateurs les plus influents et pourtant tristement laissé de côté dans l'histoire du cinéma d'horreur, Terence Fisher. Pour Fisher, l'atmosphère doit être omniprésente, mais doit toujours mener à un point culminant. Alors que Fisher allait au fil des années aiguiser son talent, on voit déjà dans CURSE OF FRANKENSTEIN les premiers pas d'un réalisateur utilisant la couleur complètement à son avantage, notamment avec l'utilisation du sang, qui ressemblait pour la première fois, à du véritable sang. La créature, comme déjà dit, peu présente, n'en demeure pas moins la pièce de résistance du métrage et est joué avec un splendide sensibilité par un Christopher Lee qui a utilisé le fait que le Monstre ne parlait pas pour lui donner une certaine aura et une vulnérabilité que peu de gens ont exploité à part Boris Karloff. Le fait de mettre le focus sur le véritable monstre et non pas le résultat de la monstruosité a certainement permis à Lee d'avoir un impact plus significatif sur le métrage, profitant d'avantage de peu de scènes pour bien donner du souffle au métrage.

CURSE OF FRANKENSTEIN n'aurait jamais dû devenir, selon la production, le succès international qu'il est devenu, le but étant de faire une version revampée et Britannique du roman de Mary Shelley. Le film souffre d'un pacing parfois complètement stationnaire, car son but premier était d'atteindre un public niche , mais le travail de Fisher pour préparer son dernier vingt minutes, vaut bien les moments un peu plus long. Le pari de Fisher d'offrir un film avec un focus complètement différent sera un énorme gage de succès pour la Hammer qui allait offrir par la suite 6 autres films de Frankenstein avec Cushing, qui deviendra plus méchant et horrible à chaque film. Le cinéma d'horreur n'est pas qu'une succession d'effets spéciaux, c'est une étude de nos propres vices et qui ici, est transposé avec adresse au grand écran.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents