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Le Culte-O-Rama

Le Culte-O-Rama

Pour l'amour des films de genres. Des articles et commentaires sur des films gros budgets ou très obscurs qui sont tombés sous l'attention de Tuco.


The Wrestler

Publié par Tuco sur 12 Juillet 2009, 16:34pm


Randy The Ram a fait le combat de l'année en 1989, ce qui lui a donné la gloire éternelle dans le monde de la lutte. 20 ans plus tard, Randy lutte dans les sous-sols d'église, se fait charcuter soir après soir et se retrouve à avoir une crise cardiaque après un match un peu trop endiablé. Il se rend compte que sa vie va probablement s'achever et décide de renouer avec sa fille avec qui il a coupé contact et tente de trouver l'amour avec une danseuse nue.

On va parler de l'important pour débuter, Mickey Rourke. Il est S-P-L-E-N-D-I-D-E! Pas splendide dans sa grâce, ni dans son intensité car sa performance est d'ailleurs plutôt sobre outre quelques moments. Il est splendide dans sa médiocrité, On regarde ses yeux et on voit 1989 dans chaque oeil. Sa performance, on la sent personnelle, on la sent difficile à faire, on sent qu'elle l'habite, qu'elle l'enrobe et c'est très rare ça. L'idée est que son personnage vit de façon volontaire dans cet univers dépassé, c'est tout le message du film qui y passe pour nous rattacher au fait que son seul moment de bonheur, c'est entre les cordes. Sur le ring, plus de fille, plus rien à payer, plus de job de merde, sur le ring, Randy c'est l'homme. C'est une approche rafraîchissante sur un personnage magnifiquement pathétique. Rourke en un seul regard, livre aux spectateurs une vie entière et il faut le dire, cette scène sur le bord de l'eau avec sa fille, elle est d'un naturel et d'une puissance que j'ai rarement vu au cinéma. La nomination aux oscars pour Rourke était pleinement mérité.

Les deux autres acteurs du film sont également très très intéressants. Marissa Tomei, qui a encore à son âge un corps à faire un pacte avec le diable est aussi d'un superbe naturel dans son rôle de danseuse qui sent aussi que la fin approche. Plus qu'un simple prétexte à une histoire d'amour qui n'arrivera jamais, elle devient pour Randy la seule personne qui vit une histoire semblable à lui-même, outre qu'elle ne le sait pas encore. Quant à sa fille, jouée par Evan Rachel Wood, elle fait une performance tout à fait respectable et d'ailleurs très difficile car elle hurle la majorité du temps. Son personnage semble plutôt être cruel quand on arrive à sa dernière scène, mais la conclusion est comprenable et difficilement répréhensive que ce petit espoir qui vivait en elle venait de s'éteindre.

Aronofsky y va avec son film le plus simple, et de très loin mais certainement son plus touchant. THE WRESTLER, tout le monde peut le comprendre, c'est sans prétention et beau, comme une chanson d'amour dont on ressent la vérité derrière la simplicité des mots. On ne peut pas lui reprocher d'encore rajouter du style par-dessus sa substance, car le style s'efface complètement et laisse toute la place aux acteurs et se réveillent subitement lors de quelques moments de montage qui vont de très habiles à parfois un peu trop gros. D'ailleurs, le même film avec des acteurs ordinaires auraient été un échec mais cuissant, puisque tout le poids se retrouve sur eux et c'est très surprenant de voir Aronofsky aussi bien se démerder dans une situation pareille.

Les scènes de lutte, délicieuses ne sont pas là pour nous absorber dans l'histoire et ne sont pas le but central de l'entreprise. Elles ne viennent qu'appuyer le propos sur l'univers du sport et la réalité derrière le spectable sur la vie de Randy. Le combat hardcore contre Necro Butcher est un très bel exemple puisque le montage en parallèle nous montre le combat, coupé dans son déroulement par Randy qui se fait soigner pour chaque blessure qu'il a subit dans la scène précédente. Tout le portrait qu'on fait de cet univers est évidemment dur mais Aronofsky tourne de telle façon qu'il ne juge pas la chose. On nous présente la chose de telle façon qu'on va souvent rire du fonctionnement de ce spectacle, mais jamais pour le dénigrer, seulement pour s'y attacher. Ce sont des gens très gentils et sympathiques que le réalisateur nous présente, et des gens aussi qui se rattachent durant une grande partie de leur vie à un milieu et un métier absolument sans pitié.

Si vous vous intéressez un tout petit peu à la lutte, je pense sincèrement que vous devez absolument voir ce film, car c'est loin du glamour qu'on nous présente tous les lundis soirs. Sinon, si vous ne vous y intéressez pas, écoutez le quand même car la lutte n'est ici qu'un prétexte pour présenter un personnage inoubliable. Pour moi, THE WRESTLER  est une surprise gigantesque, qui dépasse en qualité le hype qu'il reçoit.
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