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Le Culte-O-Rama

Le Culte-O-Rama

Pour l'amour des films de genres. Des articles et commentaires sur des films gros budgets ou très obscurs qui sont tombés sous l'attention de Tuco.


Braveheart

Publié par Tuco sur 31 Août 2009, 16:05pm

Catégories : #Historique



Si il y a un réalisateur mainstream qui est capable produire plus de controverse que les étrons de Uwe Boll, c'est probablement Mel Gibson. L'homme prenant dans l'univers culturel, plus de place que ses films lui-mêmes et ses performances tellement la dissociation ne se fait plus entre ce qu'il y a sur la pellicule et ce que dit l'homme quand la caméra s'éteint. Braveheart, son plus grand succès critique a échappé un peu à cette perception, mais y goûte quand même aujourd'hui depuis les déclarations débiles du réalisateur, qui ont offert une vision totalement différente de tout ce qu'il allait faire par la suite.

Le film nous présente l'histoire de William Wallace, l'écossais rebel qui de par lui s'est manifesté la révolte de l'Écosse envers l'Angleterre et son roi cruel William Longshanks. De par son enfance, de par les nombreuses pertes dans sa vie et les alliés qu'il va rencontrer dans sa quête, Wallace se battera jusqu'à son dernier souffle pour l'indépendance de sa mère patrie.

On a pratiquement tous vu le film et j'ose croire que tout le monde a pu y tirer un certain plaisir. Tout de même, il faut remarquer que la critique principale qu'on a fait au film, outre le parti prit assez évident de Gibson pour son héros, a été le problème d'exactitude historique. Ce que, je considère toujours comme un argument péjoratif de très basse qualité car un film de fiction n'est pas un documentaire, n'est pas un livre d'histoire et le film ne s'est pas produit dans un milieu qui va encourager le vrai au beau. Le film de Gibson est fortement romantique, non seulement pour les élans de violence extrêmement puissants mais également pour le destin de plus en plus sombre d'un héros qui se dessine à partir du monde qui l'entoure. C''est la passion énorme d'un réalisateur pour un personnage qu'il transforme en surhomme entièrement dévoué à une cause qui s'explique par la perte d'un amour plus fort que le temps. Tous les personnages du film de Gibson deviennent des outils pour augmenter la force de son personnage principal, leur faute le rendent plus forts. Les vilains ne sont que destinés à l'échec comparément au leadership brave et pur de Wallace tandis que ses alliés ne deviennent ce qu'ils deviennent qu'en contact avec sa grandeur et les traîtres eux, ne représentent que des maillons faibles prouvant qu'ils ne sont que de pauvres humains faibles. Le William WEallace de Gibson n'existe pas, il est sur pellicule et il est montré comme un mythe et non pas comme un simple homme. Est-ce que ça vient ternir l'expérience? Est-ce que ça rend le film mauvais? Je plains ceux qui répondront oui.

Le portrait de William Wallace va peut-être très loin, mais de s'attarder seulement à la diégèse du film vient réduire la réalisation très impressionnante de Gibson qui joue énormément en symbolique, en montage, en travail de caméra pour mettre à jour son entreprise. Effectivement, il montre Wallace de façon similaire à la quête de Jésus. C'est la trahison d'un proche qui va le conduire à sa perte, il sera crucifié à la toute fin et sa résurrection se fera dans le coeur de chacun des écossais et pour beaucoup de gens, c'est un élément négatif au visionnement car évidemment c'est mal d'être chrétien au cinéma. Gibson est un réalisateur de talent, qui sait ce qu'il fait et utilise tout ce qu'il a à sa disposition pour que le message passe toujours comme il le veut, sans que toutefois on ne s'en rende compte. Beaucoup de gens ne se rendent pas pas compte que durant la première bataille outre le moment avec les archers, aucun écossais n'est montré se faisant tuer tandis que les anglais se font littéralement massacrer comme si ils étaient la pire armée du monde, ce qui est en fait tout le contraire. Le travail au montage par contre est si fébrile, habile et utilise avec beaucoup d'efficacité les effets chocs, ce qui fait que le manque de logique de la scène est caché par les artifices du montage et que la position favorablement idéologique de Gibson passe comme du beurre dans ce qui est un tour de force de travail filmique.

Un autre aspect que je dois absolument parler quand on parle de Gibson, c'est son utilisation du visage et plus particulièrement du regard. Gibson tripe carrément sur la puissance du regard et va utiliser l'aspect à sa limite dans son récent Apocalypto. Son utilisation du champ/contre-champ est absolument fabuleuse puisque chaque regard voit plus que ce qu'il y a devant ses yeux, et je me limiterai de Wallace mais à plusieurs autres pour ses deux autres films ensuite. Quand Wallace se fait trahir par Robert de Bruce, son regard s'éternise presque vingt secondes sur celui en qui il avait une complète confiance. Ce n'est pas le traître qu'il voit, d'ailleurs on ne voit pas Bruce au moment où Wallace le regarde, notre héros remet en question une vie et une cause entière et nous pouvons le voir. Vous essayerez, la prochaine fois que vous verrez le film de vous attarder à cet élément crucial je pense quand on s'attaque à Gibson. Il transforme le regard en outil de réflexion intérieure, ce qui n'est pas rare au cinéma, mais qui est raremenent fait avec autant de puissance qu'avec ce réalisateur.

La sauce est très épaisse et il faut dire qu'une épopée de trois heures faite de façon aussi linéaire à de quoi dégouter plusieurs personnes et ce sera tant mieux pour eux. Tout de même, on peut apprécier Braveheart pour son histoire tout à fait inspirante ou/et sa réalisation très impressionnante et tous les artifices autour de la position explicite du réalisateur.
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