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Le Culte-O-Rama

Le Culte-O-Rama

Pour l'amour des films de genres. Des articles et commentaires sur des films gros budgets ou très obscurs qui sont tombés sous l'attention de Tuco.


The Machinist

Publié par Tuco sur 28 Novembre 2009, 00:21am

Catégories : #Mystère


Trevor Reznik ne dort plus depuis un an, mange à peine et ne vit que pour son travail, baiser avec une pute et prendre un café dans un aéroport pour discuter avec la jolie serveuse. L'apparence de Reznik devient suspecte à son boulot où après un accident qui a causé la perte de la main d'un des employés, ce qui pousse l'administration à lui demander si il est accroc à la drogue. Pire encore, Reznik suspecte maintenant qu'un complot se forme entre les employés pour l'éliminer! Après avoir lui aussi failli perdre un bout de bras, Reznik entre dans un état second pour trouver celui qui serait la cause de toute cette situation quand tout son entourage assure que Reznik invente tout. Réalité ou fiction?

Le Thriller tourne en rond depuis longtemps, la forme souvent remâchée et les twists finaux souvent précipités. THE MACHINIST est très honnête dans son rendement c'est à dire qu'il ne nous mène pas dans un chemin pour complètement nous écarter ensuite, il mène plutôt entre deux avenues que le spectateur a le choix de prendre pour à la fin nous affirmer celui qui était le bon. Ici, c'est entre la réalité et la folie pour le personnage de Reznik, où toute l'action se passe selon son point de vue sans toutefois pleinement nous convaincre de sa position sur la situation, Reznik semble parfois se trahir lui-même et parfois, sort une évidence indubitable, on en vient donc à attendre avec beaucoup d'intérêt le twist final. Anderson nous amène toujours à penser plus loin, donne des indices vagues et difficiles à mettre le doigt dessus mais qui n'ont rien de frustrants au moment de comprendre la chose en entier. C'est une enquête évidemment en crescendo mais qui se découvre avant la fin,  qui ne trouve ses racines que dans un superbe flashback qui devient un outil de relation simple et efficace et un climax d'une tristesse percutante.

Rien n'est laissé au hasard, Anderson tente de faire de chaque scène un indice flou. Des discussions étranges entre la serveuse et Reznik, une scène terrifiante dans un tunnel de l'horreur et des petits papiers qui se retrouvent mystérieusement sur le frigo du héros. L'expérience narrative est sans faute apparente et bien ficelée dans ce qui est un scénario superbement torché et efficacement rendu. Brad Anderson fait preuve ici d'une maîtrise étonnante, tout en assurance et en inspiration évidente et ce dans une étonnante retenue de l'action.

Anderson a stylisé à fond son film que ce soit au look général de la chose, que par son travail de la mise en plan, son utilisation de la musique et par le travail minutieux au montage. Son film, de par le point de vue narratif, transpire la représentation psychologique d'un personnage d'ont la vie semble au neutre. C'est gris, morne, peu peuplé, dégoûlinant et tout semble en agonie. Un voyage putride auquel on assiste où notre intimité avec le personnage principal amène une véritable sympathique, tout en sachant parfaitement que quelque chose est caché derrière des indices éparses.

Christian Bale fait peur à voir, maigre comme un clou, le visage creux et se déplacant comme si il flottait. Sa performance est des plus corrects mais comme souvent chez Bale et c'est uen constatation étrange, c'est les acteurs autour de lui qui font souvent le plus gros du boulot. Ici encore plus que d'habitude car Bale se retrouve souvent à faire acte de présence dans un monde où la dynamique change selon les gestes des autres et non des siens. Jennifer Jason Leigh est tout en finesse dans le rôle d'une prostituée au corps d'or tandis Aitana Sanchez-Gijon charme le temps de quelques trop courtes présences. John Sharian joue le rôle de l'homme mystérieux, prenant toute la place à l'écran avec sa présence imposante et son charisme débordant.

Certainement pas une perte de temps, THE MACHINIST est accompli, stylisé et narrativement complet. Où rien ne surprend à en chier par terre mais où une réalisation et un scénario de qualité viennent assurer l'impact du film. Brad Anderson prouve son efficacité et on attend avec impatience, un autre film de cette trempe.

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